mardi 10 juillet 2018

Juillet et Août

Pause estivale


Pour ma part, durant cette parenthèse, je vais tenter de rattraper mon retard sur les thèmes de Mai et de Juin (clin d’oeil aux joyeuses copines de défis!)
Dans une bulle et dans un cadre magnifique faire un stage d’écriture et de voix.
Continuer à accompagner Dorjee (ce jeune tibétain qui vient de retrouver sa famille  après 4 années de séparation). Écouter Yeshi, Tashi, Dolma, Sangmo, Abdoulaye, Issouf et tous les autres qui n’ont un jour pas eu d’autres choix que de traverser la terre ou bien la mer. Continuer à leur apprendre le français et partager avec eux leur sourire soleil.
Puis commencer une chouette formation (Montessori chère amie)
Et enfin, partir me balader à cheval et en famille de plaines en plaines, de yourtes en yourtes, de lacs en lacs à la découverte d’un beau pays auquel je rêve depuis longtemps.

A la rentrée, je vous montrerai une bien belle surprise puisqu’un nouveau contrat d’édition est arrivé dans ma boîte aux lettres et qu’une parution pour l’automne est annoncée dans une jolie maison aux côtés d’une illustratrice de talent, aussi douce que délicate... 





Je vous souhaite un merveilleux été, des traversées de champs dorés, des siestes-tilleuls, des câlins d’ombre et de lumière, des sourires soleil (ils sont si précieux) et des jupons qui tournent tournent...

lundi 4 juin 2018

Bonjour Juin!

On se lance et on a peur de rien! Voici le défi du mois:


Même pas peur!



A vos chaussons joyeux.ses funambules!

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Voici la proposition du mois: 

Chez Odile :)

L’ Escargot Gérard est un escargot rare qui, un jour de pique-nique familial, part faire une petite virée sans brassard sur un radeau grenouillard se baignant dans l’eau de la mare.
Flotte, flotte sur un radeau.
Plouf! L’escargot tombe à l’eau! Le radeau file, l’escargot se fait de la bile. Car un escargot dans l’eau c’est plutôt pas rigolo. Les escargots de gouttière ou de clairière peuvent aller sur un grand vélo, sur un long canot, sur un petit cadeau, sur la lame d’un couteau, sur un gros cactus plein de puces. Cependant les escargots ne peuvent pas aller dans l’eau. Ne sachant pas nager, ils peuvent se noyer.
Alors Gérard sans brassard, qui pourtant n’est pas froussard, crie de toutes ses forces: « Au secours! Au secours. Je ne sais pas nager. À l’aide! Appelez mes amis ! Appelez ma famille! »
«Pff, personne ne viendra » se dit-il, pensant que personne ne peut l’entendre puisque personne ne répond.
Ni ses amis.
Ni sa famille.
Mais heureusement les moustiques de la mare, eux, l’entendent crier comme un putois.
Ils sont deux, puis cent, puis mille à venir à son secours.
« Oh la la, pauvre escargot, ne t’inquiète pas, prévient Janick, le plus athlétique des moustiques, mes cousins et moi on a l’habitude ! Nous avons sauvé des petits escargots gris et des gros escargots costauds. Surtout ne bouge plus. Dis-moi, tu n’as pas le vertige au moins?
– Pas du tout, murmure Gérard, j’ai juste peur dans le noir.
Alors les mille moustiques portent l’escargot sur leurs deux mille ailes puis l’emmènent en musique à travers le ciel jusqu’à sa famille qui le cherchait partout.
Quand ils aperçoivent leur enfant, les parents de l’escargot s’écrient :
– Oh, il est là ! Hourra nous avons retrouvé notre petit!! Nous avons eu peur ! Merci les moustiques sympathiques, vous avez bien aidé notre chérubin.
L’escargot, tout groggy de son vol plané, mais très rassuré, dit aux moustiques: « Ouf ! Merci les amis ! Si encore aujourd’hui dans l’eau je n’ai pas nagé, dans le ciel j’ai volé !»

– Mais ne partez pas si vite, disent les escargots aux moustiques qui s’apprêtaient à décoller, vous prendrez bien une tasse de thé avec une part de tarte à la fraise ? »

mardi 1 mai 2018

Bonjour Mai!

On poursuit nos défis et on sème nos graines au vent! 


Voici celle du mois:


C’est l’histoire de Patati et Patata.

En Mai fais ce qu’il te plait :)
Joyeux Muguet!

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Voici les participations du mois: 


9h30 d’une belle matinée de printemps. 
On entend un peu plus loin le bruit des tondeuses. On pourrait presque sentir jusqu’ici l’odeur de la pelouse fraîchement tondue. 
Les oiseaux s’en donnent à cœur joie et gazouillent gaiement.
Il est l’heure de ta sieste. Il est l’heure pour moi de travailler. Un petit bisou dans le cou et je te dépose tendrement dans ton lit. Tu dis non de la tête et me tends les bras. Je te reprends contre moi. Un petit câlin. Une minute s’écoule et je savoure ce temps qui s’arrête. Tu te dégages et sautes dans le lit. Tu te blottis dans le coin de ton lit. Tu me souris du coin de l’œil. Tu es prête.
Je m’éloigne et ferme la porte.
Je m’assieds à mon bureau. Il y a des papiers à trier, des cours à préparer et des histoires à écrire.
Mais ce ne sont plus les oiseaux qui s’égosillent ! De ta petite voix tu chantonnes. Tu racontes des histoires que seule tu comprends. Des petits cris stridents de temps en temps. Et cela ne s’arrête pas. Et Patati et patati et patati. C’est un flot sans fin de i et de o et de papapa et de mamama, etcetera !  
Mais je tends l’oreille ! Les bruits changent. Est-ce que je deviens folle ? N’est-ce pas une deuxième voix ? Il semblerait bien y avoir plus de grave. Une voix plus ronde et plus caverneuse. Qu’est-ce don ? Ai-je déjà trop travaillé ?
Mut par la curiosité, je me lève de ma chaise. Je plaque mon oreille contre la porte. Qui cela peut-il bien être ? Je regarde par le trou de la serrure. Je ne vois rien. La curiosité est trop grande. Mon rythme cardiaque s’accélère. Que vais-je découvrir derrière cette porte ? C’est bien étrange. Je ne tiens plus. Tout doucement, je pousse la poignée et j’ouvre. Je passe ma tête dans l’embrasure de la porte. Et là, je me stoppe net. Sur le bord du lit, un tout petit colibri. Et ma petite fille, debout dans son lit. Absorbée par sa conversation, elle ne m’a pas entendu.
Délicatement, je referme la porte.
La discussion se poursuit. Et patati et patata. Le petit oiseau verse plus dans les a !
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La mienne arrive :)

dimanche 1 avril 2018

Bonjour Avril!

Voici le thème du mois, un peu loufoque, j’en conviens... (et surtout je crois, compliqué à mettre en place) 
Mais tant pis, je relève le défi! Avril n’est-il pas le mois des blagues et autres farces?


Cadavre exquis! 



Le cadavre est un jeu littéraire inventé par les surréalistes 

Jeu qui consiste à faire composer une phrase, ou un dessin, par plusieurs personnes sans qu'aucune d'elles ne puisse tenir compte de la collaboration ou des collaborations précédentes. 
Ici un site pour voir comment ça fonctionne avec les mots et les règles du jeu.

Concrètement, je proposerai la première phrase, vient la compléter qui veut, cette seconde personne me renverra le tout, pour que je puisse faire suivre à la 3ème et ainsi de suite... (je mettrai de temps en temps des posts fb pour un appel à contribution;))
Si vous voulez proposer un bout de dessin, je l’accueillerai avec plaisir! On adoptera le même fonctionnement ( je ferai suivre à la suivante)

Vous l’aurez compris, plus on est de fous plus on rit. Donc n’hésitez pas à passer et repasser pour une petite phrase ou un bout de dessin de temps en temps.

Je ne sais pas du tout ce que ça va donner, mais c’est parti! Je saute et sans filet... tu viens?

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Ça a fonctionné!!!
Voici les cadavres exquis du mois :)
Un texte et un dessin réalisés à 10 mains 
(Bénédicte, Élice, Éva, Odile et moi)

Un matin de fin d’hiver, alors que le soleil réchauffe enfin les oiseaux intrépides, la petite fée agite légèrement ses ailes et démarre un moteur à propulsion. 
Ainsi elle peut se rendre plus vite chez sa tantine. 
Ça agace les autres mini-créatures du jardin qui se mettent à râler. 
On grogne, on chante, on bourdonne tant et si bien que la petite mélodie se fait moins discrète et parvient aux oreilles de Boris.
C’est maintenant une cacophonie sans nom qui l’environne. Il se sent envahi par le bruit comme au milieu d’un tourbillon.
Boris n’a jamais vraiment aimé ni les tourbillons ni le brouhaha. 
Boris est un calme qui aspire à la tranquillité. 
Alors pour retrouver un peu de quiétude au milieu de ce tintamarre, il plonge tout entier dans un lac non gelé, c’est plus prudent par les temps qui courent. 
Là il retrouve ses amis silencieux qui bullent, et ça, c’est quelque chose de sublime!
Après tant de péripéties, voilà qu’il bulle aussi.
Il s’allonge et savoure la fraîcheur de la neige contre ses joues rosies. 
Bercé par le murmure des poissons qui font des bonds dans l’eau, ses paupières deviennent lourdes et il commence à rêver à ce que serait sa vie s’il était un poisson.
Il se sentirait sûrement léger, léger oui mais mouillé !
Il paraît que c’est la belle vie d’être comme un poisson dans l’eau. Il enfilerait sa côte d’écailles, coulerait des jours heureux et ferait la planche de temps en temps. 
Oui mais voilà : un goéland passant n’en ferait qu’une bouchée avant de remonter bien haut dans le ciel. 
C’est décidé, il deviendrait poisson volant ! 


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Merci aux 10 chouettes mimines qui ont participé à ce défi un peu fou ;)  
C’était franchement cadavrement exquis! 



jeudi 1 mars 2018

Bonjour! Bonjour!  

Chez moi ce matin, la nature est tout de blanc vêtue, et les flocons dansent. 
On dit de Mars qu’il prépare le printemps en secret... j’aime beaucoup l’idée :)

Voici donc, non pas une, mais deux petites graines printanières à chouchouter :

C’est l’histoire d'un nuage et d'un géant.





me les mots, lance les au vent, fort et loin, attends. Laisse les pousser, observe les premiers bourgeons, arrose, attends encore. 
Puis taille, ratiboise, pique et repique, arrose et admire. 
Bienvenue au jardin! 

Quand le merle a sifflé, l'hiver s'en est allé.
Joli mois!

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Et voici nos nuages et nos géants!


Il s’est levé de bon matin, Alban.
Il enfile ses chaussures, pointures 72.
Il se souvient du regard étonné de sa maman.
« Où es-tu allé chercher d’aussi petits pieds ? »

Mais qu’à cela ne tienne.
Il avale ses tartines de miel, ce bon miel qu’il est allé chercher au près de ses amies les abeilles.
Chaque jour, elle lui prépare un bon kilo de ce produit doré et sucré.

Puis il s’en va Alban. Il enfile son joli caban.
Sur sa tête, son chapeau de feutre. Ses cheveux dépassent et volent au vent.
Il marche sur le chemin, il franchit des rivières, il gravit des collines et arrive au bord de l’océan.
Un pas suffit pour parcourir bien des kilomètres quand on est un géant.

Il se délecte des airs marins, il s’enivre des ses parfums.
Il contemple les vagues qui se jettent sur le sable.
Oh, cette douceur, cette force, que c’est agréable.

Dans l’écume folle il voit des êtres qui prennent vie
Des chevaux au galop
Des souris qui s’enfuient
Des moutons qui avancent en troupeau.

Alors à son tour il tend la main.
Il attrape un nuage qu’il modèle dans sa paume
L’artiste se meut finement
Et soudain le coton du ciel devient lapin
Il souffle doucement
Sur cet animal élégant
Il lui pousse des nageoires et il devient dauphin
Il nage dans les nuages, ce beau mammifère marin.
Puis il dessine un toit pour ceux qui n’ont de maison que le ciel
Il peint des bras pour ceux qui se sentent seuls
Il esquisse des sourires pour ceux qui font couler leurs larmes.


La journée se passe et c’est tout un tableau qui se dessine
Un monde rempli d’espoir sous la main du potier, sous la main du poète
Au bout des doigts d’Alban comme une peinture toute fine
Bientôt le soleil se couche et il est temps pour notre amie de rejoindre son lit
D’un geste il efface son tableau
Il reviendra demain Alban le géant, ce sculpteur de là-haut
Demain d’autres œuvres, d’autres paysages sur cette toile infinie ou tant d’êtres naissent d’un souffle de vie. 

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Une nuit, un nuage passe très près de la tête d’un géant. Il passe si près qu’il atterrit malgré lui dans la barbe du dormeur.
Le nuage voudrait continuer sa balade nocturne mais… Zut ! Il est coincé dans la barbe.
Il a beau remuer, gigoter, ou tournicoter, il s’emmêle de plus belle et se retrouve ligoté.
Le géant ronfle et agace. Il siffle et souffle sur le nuage insomniaque. « Inspirez… Expirez…  Quel dormeur gênant ! », ressasse de guerre lasse le nuage éveillé.
Alors, pour ne pas déranger les oiseaux qui finissent leur nuit, le nuage, somnolent à moitié, dans sa barbe dit:
« Vous n’avez pas fini ? Malpoli.»
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Tiphaine:
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Eva:
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Et moi: 
Jean Guibole est un Géant.
Il est au ciel, un peu comme un enfant.
Sur son chapeau se posent les oiseaux.
Il a pour amies les planètes et les étoiles.

Jean Guibole est un sentimental.
Allongé sur le flanc de la montagne,
Il observe du coin de l’œil
Sa belle Tête-en-l’air qui converse avec la lune
De la pluie et du beau temps.

La géante caresse de ses mains la cime des arbres,
Le vent tresse dans ses cheveux longs des fleurs et des pétales
Tête-en-l’air incline son visage en souriant
Et fait fondre un peu plus le cœur de l’amoureux transi.

Jean Guibole s’arme de courage,
Il cueille entre ses doigts deux ou trois beaux nuages.
Remet en place sa large cravate
Ajuste son costume de mille ans
Et s’approche de la Belle le cœur battant.

Là sans un mot, le Cosmos pour seul témoin,
Jean Guibole tend son bouquet, les joues rouges, l’air de rien.

Tête-en-l’air, à la vue de tous ces nuages,
Salue rapidement la lune et s’exclame en fuyant :
Tous aux abris !  Encore un Orage ! Décidément !

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Merci pour tous vos jolis nuages, vous êtes de belles Géantes de la créativité, de l’imaginaire et du partage... :)
bises et à vite pour le thème d’Avril ;)

jeudi 1 février 2018

Bonjour Février!

Voici venu le mois le plus court de l’année!
Mais si Février finit vite, ici, il commence bien et s’annonce beau! 



Voler, être invisible, lire dans les pensées, voyager dans le temps...?


Si tu pouvais avoir un super-pouvoir, lequel choisirais-tu ?  

Joli petit Mois magique!

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Voici enfin nos créations ;) et pardon pour le retard! 
Je vous invite à cliquer sur les liens qui renvoient vers les blogs des participantes, il y a parfois de belles surprises qui accompagnent les textes :)


Émeline ne paie pas de mine. Elle file toute fine et personne ne se doute de qui se cache derrière ce bout de fille. En sa personne, tant de pouvoir, vous n’allez pas le croire.
Elle se lève tôt le matin et se transforme en boulangère. Brioches et petits pains, n’ont pas de secret entre ses mains.

Puis, d’une voix discrète elle entre et devient réveil matin. Mélodie légère, telle une caresse vous sortant du lit.
Elle se fait ensuite taxi. Attention à vous si vous vous trouvez sur sa route. Elle roule à vive allure. Ça rit, ça bouge dans son automobile.
De retour chez elle, Émeline se transforme en véritable robot domestique : vaisselle, repassage, raccommodage, récurage, tout y passe. Chez elle tout est impec’. C’est sur qu’on peut mettre un pied devant l’autre.

Au retour de l’école, elle devient institutrice multi-niveaux. Additions, multiplications, lecture, poésies, leçons de grammaire, orthographe et conjugaison. Ses amis sont Jacques Prévert, Maurice Carême et Boris Vian pour les plus dissidents. Les pluriels en ou, en al et en ail ne lui font pas mal.
Puis elle devient chef étoilé. A sa table, on change de menu tous les soirs. Elle manie la poêle comme personne, avec à l’oreille le téléphone.
Quand dans le ciel les étoiles brillent, elle se fait alors conteuse. On s’embarque avec elle dans d’autres époques, d’autres contrées. Tout devient un monde enchanté. Doucement, les paupières se ferment. On se blottit sous la couette. Une chanson douce, un baiser et vous voilà tous en train de rêver.
Enfin vient pour elle le moment de se poser, de se reposer.
Son pouvoir, elle le partage avec des milliards d’autres femmes. On lui donne sur toute la terre un doux nom, celui de « Maman ».
Émeline, ne paie pas de mine. Elle file alors à son tour sous la couette. Et elle rêve d’un autre pouvoir. Elle rêve que demain, elle restera sous l’édredon pendant que son autre elle, son double de maman se lèvera et sera à son tour cette super maman, cette wonder woman. Elle s’endort, elle se blottit contre celui qui seul la voit telle qu’elle est, qui connaît ses larmes, ses faiblesses et ses forces, ses doutes et ses chutes mais qui sait que toujours elle se relève. Il sait lui quelle fabuleuse elle est.
Il la regarde tendrement, cette femme qui n’est pas qu’une maman.
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Ce soir, comme tous les soirs, Ursule raconte sa journée d’école à Papa et à Maman. Ce soir, Ursule raconte une drôle d’aventure. Écoutez plutôt :
« Ce matin à l’école Sylvain a amené son nouvel ami l’éléphant. Il est tout gris et il est très fort. »
Papa demande : « il est entré dans la classe ?
– Oh non ! , dit Ursule, il est bien trop grand pour entrer dans une classe. Il a attendu sagement dans la cour jusqu’à l’heure de la récréation. Quand on est sorti dehors, il avait l’air tout intimidé. Je ne savais pas qu’un éléphant ça pouvait être timide. Sylvain nous a prévenu : « Pour lui parler, il faut chuchoter, sinon il peut avoir peur. »
– Tu lui as parlé doucement alors? intervient Maman.
– Oui, en murmurant j’ai demandé à l’éléphant : « Ça va ? Tu es content d’être avec nous ?», il a fait oui avec la tête. Puis il a regardé à droite, à gauche, il avait l’air heureux de nous voir. Il a souri, on a bien vu ses dents quand il a souri. Juliette a proposé qu’on joue avec lui.
– À quoi avez-vous joué? demande Maman.
– L’éléphant s’est mis à plier ses deux pattes avant puis il s’est penché et on s’est mis à la queue leu leu pour grimper sur son dos très haut. Sa trompe est devenue un toboggan.
– Ça devait être un drôle de toboggan, dit Papa.
– Oh oui, dit Ursule, c’était amusant. Sur la trompe de l’éléphant on a glissé en se mettant sur le dos, tête en avant et sur le ventre aussi.
Après l’éléphant s’est redressé sur ses quatre pattes quand plus personne n’était dessus. Puis on s’est donné la main tout autour de lui et on a inventé une ronde aussi ronde que ses oreilles. On a tourné dans un sens puis dans l’autre, de plus en plus vite et « bam » tout le monde est tombé par terre.
« Ça n’a pas fait peur à l’éléphant ? », demande Papa.
– Non, dit Ursule, il a ri en barrissant comme ça : «  Brrrroa, brrrrrrrrrroa !
Ensuite il a fait la statue, comme celles de la rue, sans bouger du tout. Puis il s’est mis en pont et nous a dit : « passez dessous les petits loups.» dans son langage d’éléphant.
Après Juliette et Firmin sont allés chercher un grand seau rempli d’eau, car un éléphant ça doit boire beaucoup.
Il a commencé à boire, puis sans prévenir il s’est mis à souffler fort. Il a aspergé tous les enfants de la cour. On s’est retrouvés tout ruisselants d’eau.

Quand la récréation s’est terminée la maîtresse a dit au revoir à l’éléphant, on lui a fait des grands signes. On est rentré et lui est parti.
« Par où il est parti ? » demande Papa.
– Par le portail, Pardi !
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Et moi: 
Dépêchez-vous Barnabé !
Vous avez jusqu’à ce soir
Pour choisir votre pouvoir.
Après il sera trop tard
A dit la fée avant de s’en aller.

Barnabé n’est pas pressé
Il n’aime pas qu’on le bouscule.
Et surtout, il est indécis.
Choisir, pour lui, a toujours été un souci.

Barnabé est issu d’une grande lignée,
De princes, de rois et autres majestés.

Chez les Barnabé,
On se transmet la couronne
De père en fils.
Et de fil en aiguille,
Chaque Barnabé porte haut son numéro.
Il y a d’abord Barnabé Premier
Puis le Second et le Troisième…
Ainsi de suite,
Jusqu’au Dix-huit.

Les Barnabé ont tous -sauf le dernier-
Une grande renommée
Et un caractère bien trempé.

Depuis des générations,
C’est la tradition,
Le jour du sacrement
La fée offre un pouvoir
Au nouveau prétendant.

De fil en aiguille donc,
Barnabé Dix-huit
Devient Prince à son tour.
C’est pour lui le grand jour.

On vient de loin
Le conseiller,
Lui donner des idées.

L’invisibilité ?
Impossible ! dit son père,
Chez les Barnabé,
On n’avance pas masqué,
On s’affiche au contraire !

Voler ?
Traverser les nuages,
Suivre les étoiles  
Faire la course avec le vent…
Non, dit son oncle tapant du poing,
Voler ça ne sert à rien !

Voyager dans le temps ?
Suggère quelqu’un.
Retrouver ses aïeux ?
Refaire le monde avec eux ?
Barnabé hésite encore une fois, il ne sait pas.

Lire dans les pensées ?
Ça doit être amusant,
Quoiqu’un peu vexant.
Mieux vaut parfois
Ne rien savoir
De ce que pensent les gens.

La journée se passe ainsi entre incertitudes et tracasseries.
Quand arrive enfin le soir, Barnabé broie du noir.
Il n’a toujours pas choisi
La fée soupire : Tant pis !

Croyez moi si je vous dis que sans pouvoir aucun
Barnabé Dix-huit fut le meilleur des rois,
A l’écoute de ses concitoyens,
Humain et généreux Ma foi !

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Merci à vous toutes pour ces instants de pure magie! ;)

lundi 15 janvier 2018

1ère proposition de l’année, voici le thème de Janvier :)


Les yeux écarquillés, le coeur qui bat, raconte une première fois.

Tu as jusqu’au 31/01.
Joyeux Mois!

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Voici nos textes:


Depuis des semaines il fait froid. Les bouts de doigts gelés, les pieds recroquevillés dans nos souliers, l’eau du lac toute glacée. Les trottoirs, les toits des maisons, les jardins ; tout est recouvert d’un épais manteau blanc.
En cette veille de Noël, j’attends paisible les festivités. Des petites lumières éclairent notre intérieur et viennent nous réchauffer. Tranquillement, je commence à préparer des chocolats, des biscuits sablés, des pains d’épice. Cela sent bon l’anis et la vanille dans toute la maison. Les mains blanches de farine, je pose mes mains sur mon tablier pour me reposer un peu et le sentir bouger. Sous mon ventre rebondi, il ou elle donne des coups de pieds. Du calme maman me dit-il peut-être ? Encore trois semaines avant l’arrivée de ce petit d’homme. Une petite sieste s’impose. Blottie sous la couette, les sons assourdis par la neige, je semble disparaître dans un autre monde. Puis la journée reprend son cours. Un petit thé après le déjeuner et je continue de préparer le repas du lendemain. 17h sonne à l’église. Le soleil déjà disparait derrière l’horizon.
Soudain, quelque chose semble littéralement exploser dans le bas de mon ventre. Quelle sensation étrange ! Mais rien de plus que ça. Une petite douleur persiste mais rien de significatif. Je ne dis rien. Le temps passe et une heure plus tard, une douleur se fait plus présente.  Mon mari observateur se rend compte que cette douleur va et vient. De plus en plus rapprochée. Quelque chose est-il en train de se passer ? On s’interroge. Un petit tour dans la salle de bain pour boucler mes affaires et nous voilà partit pour la maternité. Lorsque nous arrivons aux urgences gynécologiques, un homme nous accueille. Nous sommes persuadés de nous faire renvoyer. Il m’ausculte.
« Votre bébé sera là avant demain ! »
Nous n’en revenons pas. C’est un peu le choc. Tous nos plans de soirée s’envolent. Nos hôtes sont déçus et incrédules.
Il me fait installer dans la salle de travail. Une prise de sang pour des contrôles habituels. Désirez-vous la péridurale ? Je ne sais pas. C’est exactement ça. Je ne sais pas ce que je suis en train de vivre. Je ne sais pas ce qui est en train de m’arriver. On m’avait racontée tellement d’histoires sur les premiers accouchements. Cela peut durer une journée, et même plus. Alors on verra. Mais tout s’accélère. Quarante minutes après mon admission, je perds les eaux. Il parait que je suis une rapide. Je ne sais pas. Je sais juste que j’ai mal, terriblement mal. Les douleurs de l’enfantement ne sont pas une légende. Passer de rien à 10 centimètre, en deux heures à peine, je sens que ça fait mal ! Mais il faut attendre les résultats des analyses avant de savoir si on peut me poser cette miraculeuse péridurale qui peut-être me sauvera de cette affreuse douleur. Tout s’intensifie. On me dit de pousser. Là encore, malgré mes cours de préparation à l’accouchement, je ne sais pas. Je pousse depuis mes épaules. Cela ne va pas. Je ne comprends pas. Vais-je y arriver ? Plus question dans ce moment là de faire de l’humour. Mélange de peur et de force mêlée. Pas question d’abandonner en route. De toute façon, tout se fait malgré moi. Mon corps lui sait.
Une heure après mon arrivée, mon bébé est dans mes bras. Une petite, toute petite fille se blottit contre moi. Je n’en reviens pas. Je la regarde, je regarde mon mari. Nous sommes parents, je suis maman, pour la toute première fois !
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Stéphan regarda à droite puis à gauche, il n’avait jamais vu de surface verte comme celle- ci, gélifiée, immense, sur laquelle il ne semblait pas y avoir d’issue.
Cela faisait déjà une bonne demi-heure qu’il marchait. Il se dit qu’il avait eu la très mauvaise idée de se lancer seul, sans sa sœur Mila et sans ses deux cousins. Planète bonbon ne signifiait pas planète sans danger. Il allait rencontrer des difficultés s’il ne trouvait pas rapidement un des bords de ce bonbon crocodile.
Malgré tout il avançait, sans faire de halte, en prenant soin de ne pas déraper. Ce n’était ni l’endroit ni le moment de se tordre une cheville. Très tenté par le parfum sucré, Stéphan se retint cependant de goûter car le temps de regagner les bords de ce terrain insolite, il aurait sans doute plus soif qu’autre chose et Mila avait la gourde. Toutefois, il avait dans son sac à dos du matériel utile lorsque la descente serait possible: un petit marteau, un piton et une corde. Il portait aussi sa montre au poignet. Elle indiquait quatorze heures quarante. Tout ceci lui rappela soudain sa promenade sur la dune du Pilat. La traversée des presque trois kilomètres sur la plus haute dune de sable d’Europe correspondait à une marche de huit kilomètres sur la terre ferme. À combien de kilomètres pouvait-on évaluer une marche de trente minutes sur ce bonbon géant ? Perdu dans ses calculs, Stéphan arriva comme par magie au bord du bonbon vert. C’était très impressionnant. Il pouvait apercevoir le paysage multicolore résultant de la présence de multiples friandises. Alors il sortit tout son matériel de son sac, planta son piton, fixa sa corde et entama la descente comme sur un mur d’escalade. Ses pieds étaient dorénavant collants. À mi-chemin, il commençait à avoir franchement soif, mais il continua à descendre sur ce drôle de mur gélifié sans s’arrêter. Enfin, quelle ne fut pas sa joie lorsqu’il sentit le sol sous ses pieds ! Il entendit alors la voix de sa sœur Mila qui venait à sa rencontre: « Stéphan, enfin te voilà, on a vraiment eu peur ! Mais quelle idée t’a pris de partir sans nous ?» dit Mila en colère.
«  Je suis désolé, je n’imaginais pas que ça allait être aussi dur. » dit Stéphan.
– Mais tu sais bien que sur toutes les planètes que nous explorons, on se déplace ensemble ! En-semble ! »
«  Je te promets Mila, la prochaine fois je ne vous quitterai pas d’une semelle. Par où es-tu arrivée ?
– Par le côté ouest, dit-elle en lui tendant une gourde, on a fini tout le trajet sur la spirale du réglisse, tu as été plus rapide que nous. Les cousins sont encore là-bas.
Stéphan but une grande gorgée d’eau et souffla d’extase.
– Enfin, dit Mila, d’un air soulagé je suis contente que tu sois arrivé.
Stéphan regarda sa montre. « Il est déjà quinze heures dix, il faudrait peut-être regagner notre vaisseau ? »
– Oui, rejoignons les autres, ils doivent être morts d’inquiétude.
Les deux enfants se mirent à courir entre les friandises géantes, puis retrouvèrent leurs deux cousins.
« Oh Stéphan, enfin !» crièrent-ils en lui donnant une tape amicale sur l’épaule.
« Il est temps de partir, dépêchons-nous » dit Mila en s’adressant à ses cousins.
Sans plus attendre les quatre enfants filèrent jusqu’à leur vaisseau. Rapidement ils grimpèrent dedans, la porte se referma puis on entendit un vrombissement de moteur. Bientôt le vaisseau décolla et s’envola au loin.
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Et moi: 
Premières fois

Un beau jour tu as posé le bout de ton nez minuscule dans mon cou.
Et je n’ai plus jamais été la même.
Je me souviens de ton premier cri.
De ta toute petite main serré sur mes doigts.
De l’odeur de ta peau.
De ton premier mot.
De ta première bougie.
De tes premiers pas et de ta grande fierté ce jour-là.
De ton premier bobo.
De ton premier jour d’école.
De ta première dent de lait envolée.
Je me souviens de ton petit vélo rouge qui, un soir d’été, n’a plus eu besoin de ses roulettes.
Je me souviens du jour où tu as lâché ma main pour la première fois.
J’ai vu tes petites bottes s’éloigner, sauter dans les flaques. J’ai vu ton visage sourire et tournoyer vers le ciel gris. Je t’ai vu rire et puis grandir. 
Ce jour-ci, mes larmes se sont mêlées à la pluie.

Tes mains se frottent sur ton jupon, cherchant un peu de douceur et de réconfort. Ton cœur bat la chamade. Tu te balances d’un pied sur l’autre et tu inspires profondément. Le trac brûle tes joues. Je le sens, je le vois.
Dans quelques secondes, le grand rideau va se lever.
Et ce sera à toi.

A toi de t’élancer, de danser, de virevolter. Envole toi mon amour. Chante fort. Rêve grand. Profite du voyage et des paysages. Plonge. Émerveille-toi. 
Et, sur le chemin en zigzag de la vie, invente mille senteurs aux couleurs de tes envies.
C’est à toi! Belle traversée!
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A demain pour un nouveau thème ;)